Petites vérités
Septembre 2026
un corps est posé là
un oiseau comme un cercueil
sur la branche d’un chêne bleu
chétive la vie s’en détache
soluble se répand
mille sources mille univers
un corps commence de nouveau
/
pleins de choses se touchent et nous touchent
nous regardons ces choses pour les aimer
dans la poussière
dans la creusée de la faille
dans l’empreinte qu’elles laissent
leur trace n’exprime ni désir ni manque
c’est un espace découpé
foré au hasard d’un reflet
la lumière sous le gravier
/
ils ont détruit
beaucoup de mondes
pour faire ce monde
ce n’est pas un accident
les continents se défont
des vies en lambeaux
un espoir malade
piétinée sous des palis
un récit dévore tous les autres
l’air vient à manquer sous le soleil clos
ils coupent algues et appendices
le temps se dérobe au temps
ce n’est pas un accident
à l’endroit de la fissure les cœurs se battent toujours
à l’unisson des cœurs battent toujours
ils existent entre l’escarpement des crêtes
ils vibrent et creusent cette fissure
cette fissure si belle
déborde
peut-être
nous engloutira